HISTOIRE DE GUIGNOL
"Laurent Mourguet, ouvrier en soie, traverse au début du XIXème siècle une période difficile. Les canuts manquent de travail, le chômage sévit. Laurent Mourguet pour survivre prend l'initiative de devenir marchand-forain. Il devient même arracheur de dents !
A force de fréquenter foires et marchés, de côtoyer d'habiles bonimenteurs, artiste lui-même, il se munit d'un castelet pour attirer, grâce à Polichinelle, sa clientèle. Rapidement il accompagnera Pulchinella d'une nouvelle marionnette, Gnafron, vers 1804, marionnette qui selon la légende serait inspirée d'un compagnon de Laurent Mourguet : le Père Thomas Ladret.
Puis délaissant Polichinelle, éclipsé de plus en plus par le succès du personnage moderne de Gnafron, il crée Guignol, aux alentours de 1808. Dès lors, ce sympathique personnage à la tête de bois prend partie des petites gens. Il clame l'injustice sociale, égratigne de sa verve intarissable les bourgeois comme les autorités régionales ou nationales. Son savoureux accent, son esprit frondeur, son impertinence, son côté fougueux mais bon enfant font de Guignol une marionnette populaire et attachante.
A force de voyager, de s'être exporté, Guignol est devenu une marionnette universelle. Guignol est, de par le monde, la signature vivante de notre ville et l'un de nos meilleurs ambassadeurs.
La tradition du théâtre de Guignol est aujourd'hui perpétuée dans sa ville natale par trois théâtres fixes et quelques théâtres itinérants. Ses origines historiques sont précieusement conservées au Musée International de la Marionnette.
De bonnes raisons, suivant votre goût, pour découvrir ou redécouvrir ce gone haut en couleurs : GUIGNOL."
Historique des "Amis de Lyon et de Guignol"
Les indispensables du "Parlé Lyonnais"
| Abouser : | Tomber sans retenue, comme une bouse |
| Acque : | avec |
Anier :
| Conducteur du tombereau qui ramassait les équevilles avant la guerre. Aujourd'hui appelés éboueurs. |
| Bajafler : | parler sans arrêt |
| se Bambaner : | flâner |
| Bardane : | Punaise de lits |
| Benouiller : | Mouiller abondamment. |
Bistanclaque :
| onomatopée : Nom donné au métier à tisser d'après le bruit qu'il produisait en fonctionnant. |
| Bocon : | le rhume |
| Borgnon : | De l'expression " aller à borgnon ", dans le noir. |
| Bouame : | Ou "boime", flagorneur, flatteur hypocrite... |
| Cacaboson : | A cacaboson : accroupi. |
| Canus(e) : | néologisme adjectif dérivé du nom (canuse) : tisseur de soie. |
| Chaillottes : | Dents |
| Chenu(se) : | beau, belle |
| Coqueluchon : | la tête, le sommet |
| Corgnolon : | gosier |
| Cotivet : | La nuque. |
| Cuchon : | Monceau, Tas |
| Darnier : | Derrière. Demeurer sur son darnier, pour rester assis. |
| Débarouler : | Dégringoler les escaliers dans une traboule. |
| Embiernes : | ennuis, soucis |
| Equevilles : | ordures ménagères |
| Escalins, Espinchaux : | argent, monnaie |
| Faganat : | Odeur nauseabonde. Terme venant du mot fouine. |
| Favette : | peur |
| Fenotte : | Femme gentille, aimable (expression intime). |
| Fûmerons : | les jambes |
| Gandoise : | Plaisanterie, raillerie. |
| Gandouse : | Naguère, fumier humain extrait des fosses d’aisance. |
Gognandise :
| Plaisanterie à caractère un peu grivois. Par respect on disait : Vaut mieux en dire que d’en faire. |
| Goguenots : | W.C. Dans les maisons de canuts, ils sont situés sur le palier des montées d'escalier. |
| Gones : | les habitants de Lyon. |
| Grattons : | Petits fragments rissolés de la graisse de porc après qu'elle ait été fondue. |
| Lavette : | la langue |
| Lentibardaner : | Flâner avec volupté ou lentement. |
| Lugdunum : | Premier nom de la ville de Lyon fondée en 43 avant Jésus-Christ par Munatius Plancus. |
| Marpailler : | Ecraser, abîmer. |
| Matefaim : | crêpe lyonnaise copieuse. |
| Peter la miaille : | Embrasser |
| Picarlats : | petits morceaux de bois |
| Picou : | le nez |
| Porte-pot : | Naguère, épicerie avec des vins à emporter. |
Pot :
| Ancienne mesure de vin. A la fin du siècle dernier : un litre et 13 centiles ½. Aujourd’hui, dans les bistrots lyonnais, il est tombé à 46 centilitres. |
| Poutrone : | Femme de mauvaise vie. Poupée en carton servant aux modistes. |
| Quinquets : | les Yeux |
| Rebeyne : | Autrefois révolte lyonnaise. La plus importante fut la grande Rebeyne de 1529. |
| Sampille : | Guenille. Au figure vagabond, vaurien, femme de mauvaise vie ou poutronne. |
| Soyeux : | Fabriquant de soierie ou plus fréquemment le négociant en soierie. |
| Tarabate : | Personne turbulente et pénible. |
| Vogue : | Fête baladoire très populaire et que l'on nomme "foire" à Paris. |
| |
L'origine du nom de Guignol reste inconnue, cependant certains historiens proposent :
Un lien avec guigne-oeil ? Pourtant Guignol ne louche pas.
Guignolant, mais ce mot évoquant la guigne en lyonnais n'est-il pas contemporain à Guignol ?
Chignolo-Po : un ami de Laurent Mourguet serait originaire de cette ville italienne. Gnafron appelle souvent son ami Chignol ...
|